Depuis quelques années, les capteurs de glucose en continu gagnent en popularité chez les sportifs. Autrefois réservés aux personnes atteintes de diabète, ils sont maintenant utilisés également dans une perspective d’optimisation de la performance ou de la santé.
On les présente comme des outils permettant d’améliorer le métabolisme, la récupération et la performance sportive. Certaines marques mettent de l’avant des bénéfices tels qu’une meilleure gestion de l’énergie à l’effort, une diminution des fringales, un sommeil plus régulier et une concentration améliorée.
Mais est-ce que ces petits dispositifs collés à l’arrière du bras tiennent vraiment leurs promesses? Peuvent-ils réellement aider à mieux s’alimenter, mieux s’entraîner et mieux récupérer?
Premièrement, un capteur de glucose en continu, ça mesure quoi exactement?
Les capteurs de glucose en continu mesurent la concentration de glucose dans le liquide interstitiel, c’est-à-dire le liquide qui entoure nos cellules, et non directement dans le sang. Il y a donc un délai d’environ 10 minutes entre ce que le capteur enregistre et ce qui se passe réellement dans le sang.
Malgré ce petit décalage, la précision reste généralement suffisante pour un usage non médical, comme le suivi de l’alimentation et des réactions métaboliques à l’entraînement.
Que peuvent apporter les capteurs de glucose en continu aux sportifs?
Dans un contexte sportif, les capteurs de glucose en continu peuvent offrir plusieurs pistes intéressantes pour affiner l’alimentation et optimiser l’entraînement. Ils peuvent permettre une certaine personnalisation des apports en glucides, en fonction de la réponse individuelle à certains aliments ou à différents types d’effort. Grâce à une lecture en temps quasi réel, ils offrent une meilleure compréhension de la réponse glycémique à l’exercice.
Les capteurs de glucose en continu peuvent aussi être utilisés pour :
- Observer l’effet des glucides pendant un effort
- Tester une nouvelle stratégie nutritionnelle
- Mieux comprendre sa réponse glycémique à différents types d’entraînement
- Repérer des signes de surentraînement ou de faible disponibilité énergétique
Dans certains cas, ils peuvent aussi aider à mieux comprendre des symptômes perçus comme des hypoglycémies (fatigue, étourdissements, irritabilité ou baisse d’énergie), qui ne sont pas toujours directement causés par une baisse de la glycémie.
Le capteur de glucose en continue devient alors un outil complémentaire pour mieux cerner ces sensations ou orienter vers des investigations ou interventions médicales, si nécessaire.
Et qu’est-ce que dit la science?
Certaines études ont montré que la glycémie a tendance à diminuer en contexte de faible disponibilité énergétique, c’est-à-dire lorsque l’apport alimentaire quotidien ne suffit pas à couvrir les besoins de base de l’organisme ou à compenser la dépense énergétique liée à l’entraînement.
Autrement dit, un capteur de glucose pourrait aider à repérer un déficit énergétique, ce qui permettrait ensuite d’ajuster l’alimentation afin de prévenir ou corriger cet état précaire, ainsi que des symptômes comme la fatigue, la baisse de performance ou certains troubles hormonaux.
Et quelles sont les limites de cette technologie ?
Même si la technologie est intéressante, il faut garder en tête plusieurs précautions importantes :
- À la base, ces capteurs ont été conçus pour des personnes diabétiques, afin de détecter des variations hors normes de la glycémie. Elles n’ont pas été conçues pour analyser de fines variations chez les sportifs.
- Les données chez les athlètes sont encore peu documentées, ce qui rend leur interprétation incertaine. Les valeurs doivent toujours être analysées dans leur contexte global (alimentation, entraînement, récupération, cycle menstruel, etc.).
- Une mauvaise interprétation peut mener à des ajustements nutritionnels inutiles, voire nuisibles.
- Chez une personne en bonne santé, les petites variations sont normales après un repas, pendant l’effort, ou même en période de stress.
- Il y a un risque de surinterprétation, ce qui peut mener à une préoccupation excessive pour des variations tout à fait normales.
- Le coût est élevé.
De plus, certains règlements sportifs interdisent leur usage en compétition (ex. Union Cycliste Internationale).
→ Ça soulève tout de même une bonne question : jusqu’où on veut aller avec ce genre de technologies ? Est-ce que ce genre de technologies nous éloigne de l’essence du sport, de cette capacité à se fier à ses sensations, à son intuition, à apprendre à connaître son corps avec l’expérience ? À méditer…
En conclusion
Les capteurs de glucose en continu peuvent offrir des informations utiles et innovantes, surtout pour les sportifs qui aiment les données quantitatives et veulent tenter de mieux comprendre leur réponse métabolique à l’effort et à l’ingestion de glucides.
Ils peuvent aussi être particulièrement pertinents pour les personnes qui suspectent des hypoglycémies ou vivent des épisodes d’hypoglycémies réactionnelles, afin de mieux cerner leurs symptômes et orienter les ajustements nutritionnels ou médicaux nécessaires.
Toutefois, ce sont des données qui faut analyser avec nuance et combiner ces résultats à d’autres indicateurs. Pour en tirer un bénéfice, mieux vaut les utiliser avec recul et accompagnement d’un professionnel.
Tu songes à essayer un capteur de glucose en continu?
Voici quelques questions à te poser avant de te lancer :
- Suis-je capable d’interpréter des données variables sans m’inquiéter?
- Est-ce que j’ai accès à un·e professionnel·le pour m’aider à bien comprendre ce que j’observe?
- Est-ce que le coût en vaut vraiment la peine, dans mon cas?
- Est-ce que cet outil est autorisé dans le sport que je pratique.
Parfois, revenir à ses sensations et appliquer les bases de la nutrition sportive peut être tout aussi efficace, et ce, sans l’investissement (parfois démesuré) en argent et en charge mentale qu’un capteur de glucose en continu peut représenter.
Article rédigé par Florence Bastien, stagiaire en nutrition et révisé par Gabrielle Trépanier, Dt.P, Nutritionniste
Sources :
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