Remettre la balance en perspective : comprendre ses limites comme indicateur de progression

Monter sur la balance peut rapidement devenir un réflexe de « surveillance » ou une façon de mesurer sa progression. Il est facile d’accorder trop d’importance à ce chiffre, parce qu’il est concret et mesurable.

Mais en réalité, le poids fluctue pour une multitude de raisons qui échappent à notre contrôle.

Je t’invite donc à nuancer ce chiffre et à mieux comprendre les nombreux facteurs qui peuvent l’influencer

Ce qui fait varier le poids


Notre poids corporel fluctue naturellement. Ces variations peuvent être liées à plusieurs éléments : le niveau d’hydratation, les réserves de glycogène, le cycle menstruel, la digestion ou encore la charge d’entraînement.

D’ailleurs, s’entraîner régulièrement en endurance augmente la capacité des muscles à stocker le glycogène, une adaptation qui permet de prolonger les efforts d’endurance (Greiwe et al., 1999). Chaque gramme de glycogène est emmagasiné avec environ 3 g d’eau, ce qui peut temporairement faire augmenter le poids corporel (Fernández-Elías et al., 2015).

Bref, un léger gain de poids sur la balance ne signifie pas nécessairement une prise de gras !
Ça peut aussi refléter une meilleure hydratation, une augmentation de la masse musculaire, ou des réserves de glycogène optimales. Trois facteurs positifs pour la performance !

Nuancer le chiffre sur la balance


Le poids ne dit rien sur la composition corporelle. Il reflète l’ensemble de la masse musculaire, de la masse grasse, de l’eau, des organes, etc.
Les muscles étant plus denses que la graisse, il est fréquent de gagner en force ou d’améliorer des paramètres de santé ou de performance, sans que le chiffre sur la balance ne bouge vraiment.

De plus, le poids n’est pas qu’une question de volonté. Deux personnes ayant les mêmes habitudes peuvent présenter des poids très différents simplement à cause de leur bagage génétique (Elks et al., 2012). Les hormones, le sommeil, le stress et l’environnement influencent aussi ce chiffre.

Comment mesurer sa progression autrement ?


La progression ne se résume pas à un chiffre sur la balance. D’autres indicateurs, tout aussi précieux, peuvent nous aider à suivre nos progrès et à atteindre nos objectifs sportifs les plus ambitieux.

  • Les sensations : ton niveau d’énergie à l’entraînement, ta récupération, ton plaisir à bouger.
  • Les données de performance : vitesse, puissance, fréquence cardiaque, perception de l’effort.
  • Le bien-être global : qualité du sommeil, humeur, appétit, régularité menstruelle.
  • Les habitudes de vie : qualité de l’alimentation, hydratation, constance dans les entraînements.

Comme plusieurs aspects du poids ne sont pas sous notre contrôle, mieux vaut focuser sur ce qu’on peut contrôler : nourrir son corps adéquatement, bien récupérer, être constant et à l’écoute de soi.

Et si la balance faisait plus de mal que de bien ?


Chez certaines personnes, se peser fréquemment peut devenir une source d’anxiété ou de détresse psychologique (Dionne & Yeudall, 2005). Plusieurs études montrent d’ailleurs que la pesée fréquente est associée à une image corporelle moins positive (Stice & Shaw, 2002).

Alors, pose-toi la question : « Comment je me sens lorsque je vois le chiffre sur la balance ? »

Si ce chiffre influence ton humeur ou ta perception de ta valeur, rappelle-toi que tu peux mesurer ton progrès autrement. 
La balance n’est qu’un outil parmi tant d’autres, et elle ne convient pas à tout le monde !
Et c’est bien correct si tu ne connais pas ton poids !
Le poids varie, et il ne résume ni ta santé, ni ta performance, ni ta valeur.

Article rédigé par Florence Bastien, Nutritionniste et étudiante à la maîtrise en science de l’activité physique.

Références :

Burke, L., Deakin, V., & Minehan, M. (Éds.). (2021). Clinical sports nutrition (Sixth edition.). McGraw-Hill Education/Australia.

Dionne, M. M., & Yeudall, F. (2005). Monitoring of weight in weight loss programs: a double-edged sword?. Journal of nutrition education and behavior, 37(6), 315–318. https://doi.org/10.1016/s1499-4046(06)60162-0

Elks, C. E., Den Hoed, M., Zhao, J. H., Sharp, S. J., Wareham, N. J., Loos, R. J. F., & Ong, K. K. (2012). Variability in the heritability of body mass index : A systematic review and meta-regression. Frontiers in Endocrinology, 3. https://doi.org/10.3389/fendo.2012.00029

Fernández-Elías, V. E., Ortega, J. F., Nelson, R. K., & Mora-Rodriguez, R. (2015). Relationship between muscle water and glycogen recovery after prolonged exercise in the heat in humans. European Journal of Applied Physiology, 115(9), 1919‑1926. https://doi.org/10.1007/s00421-015-3175-z

Greiwe, J. S., Hickner, R. C., Hansen, P. A., Racette, S. B., Chen, M. M., & Holloszy, J. O. (1999). Effects of endurance exercise training on muscle glycogen accumulation in humans. Journal of applied physiology (Bethesda, Md. : 1985), 87(1), 222–226. https://doi.org/10.1152/jappl.1999.87.1.222

Stice, E., & Shaw, H. E. (2002). Role of body dissatisfaction in the onset and maintenance of eating pathology: a synthesis of research findings. Journal of psychosomatic research, 53(5), 985–993. https://doi.org/10.1016/s0022-3999(02)00488-9

Une personne se tient sur une balance blanche, visible du côté droit de la photo, avec une jambe et un pied nus.

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