Poids corporel et performance : déconstruire une croyance pour une performance durable

Dans plusieurs milieux sportifs, la croyance que diminuer son poids permet d’améliorer sa performance est très fréquente. Mais est-ce vraiment aussi simple ? Et surtout, à quel prix ?

Le poids et la performance en endurance : 

Dans les sports gravitationnels comme la course à pied ou le cyclisme, le poids a un impact sur le coût énergétique du mouvement en raison de la force gravitationnelle. Notre corps doit supporter et propulser son poids contre la gravité, tout en amortissant les chocs sur les articulations. 

Donc est-ce qu’une perte de poids permettrait de courir plus vite ?

Plusieurs études se sont intéressées à la question.
Certaines suggèrent qu’une perte de poids pourrait, à court terme, favoriser la performance dans certaines disciplines.
Par contre, ces effets ne seraient pas durables.
À moyen-long terme, une réduction importante ou prolongée de l’apport alimentaire risque plutôt d’entraîner une baisse de performance, en plus de poser des risques importants pour la santé physique et psychologique [1].

Dans certains contextes, aucun bénéfice n’est observé, même à court terme.
Des études menées chez des cyclistes ont montré qu’un apport énergétique insuffisant pendant des périodes d’entraînements intenses a provoqué une diminution des performances aérobies et anaérobies, une réduction du métabolisme de repos et, aucune amélioration de la performance malgré une perte de poids ou de masse grasse [3 ; 5].

C’est important de souligner que le poids ne représente qu’un seul facteur parmi tant d’autres qui influencent la performance globale. Des éléments comme la technique de mouvement, l’économie de course, la capacité aérobie, la fatigue, et le niveau d’entraînement l’influencent aussi beaucoup [2].

Être “plus léger” : À quel prix ?

La croyance qu’un poids plus léger amène une meilleure performance peut pousser les athlètes à réduire leur apport alimentaire. Par contre, les effets d’un déficit énergétique sont souvent bien plus coûteux que les quelques gains potentiels d’une perte de poids, surtout à long terme !

Un apport insuffisant en énergie peut entraîner [5] :

  • une récupération plus lente et une baisse de performance
  • une fatigue persistante
  • des blessures fréquentes 
  • Une diminution de la densité osseuse
  • des troubles du sommeil
  • de l’irritabilité ou une baisse de motivation
  • des infections répétées
  • des perturbations hormonales (cycles irréguliers, baisse de libido, dysfonctions érectiles…) 

Lorsqu’on ne mange pas assez, le corps perçoit ce déséquilibre comme une menace et développe des adaptations pour se protéger. Ces adaptations visent à assurer notre survie en concentrant l’énergie reçue sur les fonctions vitales. Cet état d’économie d’énergie est loin d’être idéal pour la performance et la santé globale.

Le poids naturel où le corps performe le mieux

Le poids naturel où le corps performe le mieux est différent pour tout le monde. C’est une intervalle de poids où ton alimentation te permet de bien récupérer, d’avoir de l’énergie et de soutenir des entraînements de qualité, tout en préservant sa santé physique et mentale.

Autrement dit, c’est un point d’équilibre qui favorise la performance ET la santé physique et mentale. Si maintenir un poids x exige des efforts disproportionnés, c’est probablement que cet équilibre n’est ni soutenable ni réellement favorable à ta santé.

Ce qu’il faut retenir :

Le poids n’est qu’un des nombreux éléments qui influencent la performance. Et sachant que la restriction alimentaire peut nuire à la santé et à la performance, ça vaut la peine de prendre un pas de recul.

C’est peut-être le moment de te demander : pourquoi pratiques-tu ton sport ?


Et si, plutôt que de chercher à peser moins, tu mettais ton énergie sur d’autres aspects, comme la constance, la récupération, la qualité des entraînements, le bien-être mental et une alimentation qui soutient ton corps ?

Si tu as des objectifs de gestion de poids ou des préoccupations liées à ton image corporelle, l’accompagnement d’une nutritionniste peut t’aider à optimiser autant ta performance que ta santé globale.
Pour prendre RDV, c’est juste ici !

Article rédigé par Florence Bastien, Nutritionniste et étudiante à la maîtrise en sciences de l’activité physique.

Un coureur en action sur un sentier, portant des vêtements de sport adaptés et des chaussures de course. À l'arrière-plan, deux autres coureurs sont visibles, ajoutant une dynamique sportive à la scène.

Références :

  1. Hänisch, T., Nieß, A. M., & Carlsohn, A. (2025). Effects of low energy availability on performance in male athletes: A scoping review. Journal of science and medicine in sport, 28(2), 110–117. https://doi.org/10.1016/j.jsams.2024.10.008
  2. Hausswirth, C., & Brisswalter, J. (1999). Le coût énergétique de la course à pied de durée prolongée : Étude des paramètres d’influence. Science & Sports, 14(2), 59‑70. https://doi.org/10.1016/S0765-1597(99)80036-7
  3. Keay, N., Francis, G., & Hind, K. (2018). Low energy availability assessed by a sport-specific questionnaire and clinical interview indicative of bone health, endocrine profile and cycling performance in competitive male cyclists. BMJ Open Sport & Exercise Medicine, 4(1), e000424. https://doi.org/10.1136/bmjsem-2018-000424
  4. Mountjoy, M., Ackerman, K. E., Bailey, D. M., Burke, L. M., Constantini, N., Hackney, A. C., Heikura, I. A., Melin, A., Pensgaard, A. M., Stellingwerff, T., Sundgot-Borgen, J. K., Torstveit, M. K., Jacobsen, A. U., Verhagen, E., Budgett, R., Engebretsen, L., & Erdener, U. (2023). 2023 international olympic committee’s (Ioc) consensus statement on relative energy deficiency in sport(Reds). British Journal of Sports Medicine, 57(17), 1073‑1098. https://doi.org/10.1136/bjsports-2023-106994
  5. Woods, A. L., Rice, A. J., Garvican-Lewis, L. A., Wallett, A. M., Lundy, B., Rogers, M. A., Welvaert, M., Halson, S., McKune, A., & Thompson, K. G. (2018). The effects of intensified training on resting metabolic rate (Rmr), body composition and performance in trained cyclists. PLOS ONE, 13(2), e0191644. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0191644

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